Étiquette : influenceur

  • Demake-up

    Demake-up

    Habitué·e·s aux réseaux chouardiens, dieudosoraliens, antivax… nous n’avions pas encore eu l’occasion de jeter un oeil sur le milieu de la mode et des influenceur·euse·s. C’est un tort, car sous couvert de causer chiffons et maquillage, cet univers peut véhiculer des idées bien rances.

    Nous avons par exemple été alerté·e·s au sujet d’un certain Charly Salvator. Il s’affiche sur Instagram comme « Beauty expert » et le site « Les nouvelles esthétiques » le présente comme « maquilleur de renom et influenceur incontournable ». Pour dire les choses avec moins d’emphase : il fait de la pub pour des marques de cosmétiques. Mais avec ses 970 000 followers — presque un million, donc, auxquels on peut ajouter 417 600 abonné·e·s sur TikTok — il a une audience supérieure en moyenne à une chaîne de TV d’extrême-droite comme CNews, par exemple. Or, il ne se contente pas de se maquiller devant son smartphone pour faire acheter des cosmétiques. Il diffuse aussi, l’air de rien, une certaine Weltanschauung.

    Ainsi, il y a quelques jours, il a cru utile de livrer à son vaste public son sentiment sur le cas du jeune Hamza surnommé « La Douane », un ado médiatisé (et mis en garde à vue 48h) après avoir usé abondamment d’un pistolet à eau aux alentours du canal Saint-Martin, à Paris, en pleine canicule, et commis des incivilités envers les passants. Dans Mediapart, Fatima Ouassak y voit une illustration du concept de « désenfantisation », qu’elle a théorisé, et qu’elle définit comme « le processus qui consiste à n’accorder aucune indulgence particulière, aucun droit à l’erreur, aux enfants appartenant aux groupes minoritaires, à les traiter à travers les mêmes préjugés et aussi violemment que les adultes ». Selon elle, Hamza a été progressivement privé de son statut d’enfant, « animalisé par la presse, puis diabolisé », dans un traitement médiatique « raciste » qui, estime-t-elle, « dépasse largement les faits eux-mêmes ».

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