Auteur/autrice : Observatoire des réseaux

  • Demake-up

    Demake-up

    Habitué·e·s aux réseaux chouardiens, dieudosoraliens, antivax… nous n’avions pas encore eu l’occasion de jeter un oeil sur le milieu de la mode et des influenceur·euse·s. C’est un tort, car sous couvert de causer chiffons et maquillage, cet univers peut véhiculer des idées bien rances.

    Nous avons par exemple été alerté·e·s au sujet d’un certain Charly Salvator. Il s’affiche sur Instagram comme « Beauty expert » et le site « Les nouvelles esthétiques » le présente comme « maquilleur de renom et influenceur incontournable ». Pour dire les choses avec moins d’emphase : il fait de la pub pour des marques de cosmétiques. Mais avec ses 970 000 followers — presque un million, donc, auxquels on peut ajouter 417 600 abonné·e·s sur TikTok — il a une audience supérieure en moyenne à une chaîne de TV d’extrême-droite comme CNews, par exemple. Or, il ne se contente pas de se maquiller devant son smartphone pour faire acheter des cosmétiques. Il diffuse aussi, l’air de rien, une certaine Weltanschauung.

    Ainsi, il y a quelques jours, il a cru utile de livrer à son vaste public son sentiment sur le cas du jeune Hamza surnommé « La Douane », un ado médiatisé (et mis en garde à vue 48h) après avoir usé abondamment d’un pistolet à eau aux alentours du canal Saint-Martin, à Paris, en pleine canicule, et commis des incivilités envers les passants. Dans Mediapart, Fatima Ouassak y voit une illustration du concept de « désenfantisation », qu’elle a théorisé, et qu’elle définit comme « le processus qui consiste à n’accorder aucune indulgence particulière, aucun droit à l’erreur, aux enfants appartenant aux groupes minoritaires, à les traiter à travers les mêmes préjugés et aussi violemment que les adultes ». Selon elle, Hamza a été progressivement privé de son statut d’enfant, « animalisé par la presse, puis diabolisé », dans un traitement médiatique « raciste » qui, estime-t-elle, « dépasse largement les faits eux-mêmes ».

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  • Affaire Théry : antisémitisme ou mccarthysme ?

    Affaire Théry : antisémitisme ou mccarthysme ?

    Le 20 septembre 2025, l’historien Julien Théry publiait dans un post Facebook sur son groupe « La Grande H. : Histoire & idées » la liste des 20 signataires d’une lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée la veille dans Le Figaro. Ces personnalités (parmi lesquelles des acteur·ice·s comme Charlotte Gainsbourg ou Philippe Torreton, des comiques troupiers comme BHL ou Raphaël Enthoven…) demandaient  d’exiger au préalable la libération de tous les otages retenus à Gaza et le démantèlement du Hamas.

    Julien Théry relayait par sa publication une analyse parlant de « lettre de la honte » et l’introduisait par ces mots : « 20 génocidaires à boycotter en toute circonstance », suivis de la liste des signataires, qui avait été exposée publiquement dans la publication du Figaro.

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  • Chouard n’a pas changé

    Chouard n’a pas changé

    En jetant vite fait un oeil sur l’égoût qu’est devenu X (ex-Twitter), nous sommes tombé·e·s (c’est le cas de le dire) sur Chouard. Convaincu·e·s que tout être humain peut s’améliorer, nous nous sommes posé la question l’espace d’un instant : et si Chouard avait changé, et s’il avait cessé de gober et relayer les théories conspirationnistes les plus pétées de la fachosphère ?

    Las…

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  • Un visiteur du Chouard

    Un visiteur du Chouard

    Avouons-le, observer les réseaux d’extrême-droite et confusionnistes, c’est aussi lassant que salissant, et bien contents que d’autres s’en occupent, nous avons lâché l’affaire depuis quelques années. Le triomphe de la fachosphère Q Anon sur les réseaux à la faveur de la désinformation antivax durant la pandémie de covid n’avait fait que nous dégoûter encore davantage. Et puis, à quoi bon observer les réseaux pour y dénicher les pièges confusionnistes tendus par les fachos quand la pensée fasciste s’exhibe désormais à visage découvert et décomplexé dans la plupart des grands médias et dans les institutions républicaines ?

    C’est dire si nos anciennes têtes de turc comme Asselineau, Ariane Walter ou Chouard ne sont plus trop dans notre ligne de mire. Tiens, qu’est-ce qu’il devient Chouard, au fait ?

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  • Du complotisme hardcore sur une chaîne de service public

    Du complotisme hardcore sur une chaîne de service public

    On a coutume de cibler les fantasmes de complot dont usent et abusent les fachos sur les réseaux pour créer de la confusion et attiser les peurs et les haines.
    Mais la fachosphère et les sectes New Age n’ont pas le monopole du complotisme.

    Des éditocrates ayant leur rond de serviette dans tous les médias depuis des lustres peuvent eux aussi propager des fantasmes de complot tout aussi pétés que ceux de Kevin Conspi sur Facebook ou de Jennifer CuculAnon sur TikTok.

    Ainsi, suite aux révélations faites par Médiapart sur un scandale de favoritisme impliquant le ministre macroniste Olivier Dussopt, ce sont ni plus ni moins que Nathalie Saint-Cricq et Jean-Michel Aphatie qui ont joué sur France 5 (donc sur le service public financé par nos impôts) les complotistes de bas étage. La première a ainsi osé dire que le timing de l’affaire Dussopt « est assez étonnant quand-même », tandis que le second trouvait que « la fuite est opportune ».

    Nathalie Saint-Cricq et Jean-Michel Aphatie

    Alors même que sur Twitter, Antton Rouget, l’un des auteurs de l’enquête de Médiapart, rappelait que les premières révélations de son média dataient de 2020, et qu’au terme de deux ans d’enquête du Parquet National Financier, Olivier Dussopt et, au-dessus de lui, Elisabeth Borne et Emmanuel Macron, ne pouvaient pas ignorer que la nouvelle de ces soupçons contre le ministre du Travail allait « tomber », Jean-Michel Aphatie s’enfonçait même encore dans le conspirationnisme halluciné en affirmant que cette information tombant « 48h avant la discussion parlementaire sur les retraites, c’est quand-même too much ».

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